vendredi 6 janvier 2017

Nous avons vu son étoile




 Adoration des Mages. Frères Limbourg 1411-1416



ÉPIPHANIE

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean PATEAU
Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 6 janvier 2017)


Vidimus stellam ejus.

Nous avons vu son étoile. (Mt 2,2)

LA FÊTE DES MAGES jette une ombre sur l’accueil du Sauveur en notre terre. Déjà avant la naissance de Jésus, Marie et Joseph avaient eu quelques difficultés à trouver un logis. Le recensement qui avait rempli les hôtelleries y était sans aucun doute pour beaucoup. Les habitants de la région de Bethléem ignoraient aussi la qualité de Celle qui leur demandait asile et surtout de Celui qui s’apprêtait à naître de son sein virginal. S’ils avaient su, probablement se seraient-ils montrés plus empressés ?

Durant la nuit de Noël, seuls quelques bergers, avertis par les anges, ont visité la crèche : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. » (Lc 2,11) La joie commençait à rayonner à partir du coeur de l’Enfant couché dans une mangeoire. Cette joie est cependant restée si discrète que les puissants, les grands selon le monde, les sages ont ignoré et cette joie et sa cause.

Aujourd’hui, ces sages apprennent de voyageurs venus de loin qu’il se passe près de chez eux un événement susceptible de bousculer leur vie : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’Orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt 2,2). Un roi… qui vient de naître… et ils l’ignorent ! Cet être inattendu bouleverse le plan d’hommes assoiffés de pouvoir, intrigants et malhonnêtes ; les prophètes l’avaient annoncé, il n’était pas désiré. Les plans de Dieu ne sont pas les plans des hommes ! 

La fête de l’Épiphanie témoigne de l’arrivée d’une nouvelle ère. La bonne nouvelle n’est pas réservée aux seuls Juifs. Dieu veut toucher tous les coeurs et utilise des chemins dont il a le secret, une étoile par exemple.

La Constitution pastorale sur l’Église dans le monde du temps présent du second concile du Vatican, Gaudium et Spes, affirme : Puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l'homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit-Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal. (Gaudium et Spes n°22)

La collecte de la Messe rappelant que Dieu a révélé aux Gentils son Fils en les guidant par une étoile, implore pour nous, qui connaissons déjà Dieu par la foi, la grâce d’être conduits jusqu’à la contemplation de l’éclat de sa grandeur. Face à l’enfant de la crèche, incapable de revendiquer une quelconque royauté, face à Dieu, l’humanité se divise. Alors que le mystère de Dieu veut toucher tout homme, chaque homme dans l’exercice de sa liberté garde la capacité de se mettre en route ou bien de demeurer sur place, voire d’empêcher que d’autres se mettent en route.

Même si les hommes refusent la royauté de Dieu, celle-ci n’en demeure pas moins réelle. Devant Pilate, Jésus affirme : « Mon royaume n’est pas de ce monde… Tu le dis : Je suis roi. » (Jn 18,36) et il poursuit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut. » (Jn 19,11)
Paradoxe d’une royauté dont le royaume n’est pas de ce monde, mais qui est fondement de tout pouvoir en ce monde. L’ambition des rois de la terre a-t-elle toujours souhaité s’arroger les prérogatives du roi du Ciel ? L’opposition entre le Royaume du Ciel et les royaumes de la terre est-elle une fatalité ?
 

Si Dieu est Roi, il est Roi de Paix, poursuivant le bien de sa création et dotant tout homme pour qu’il travaille à ce bien. Le premier livre des Rois raconte que Yahvé apparut de nuit en songe au roi Salomon lui disant : « Demande ce que je dois te donner. » (1 R 3,5) Salomon répondit : « …Yahvé mon Dieu, tu as établi roi ton serviteur…, et moi, je suis un tout jeune homme, je ne sais pas agir en chef… Donne à ton serviteur un coeur plein de jugement pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal… » (1 R 3,7;9)

L’humilité, l’accueil du plan de Dieu sur l’homme, n’étaient pas le sentiment dominant des grands de la terre au temps où naissait l’Emmanuel. Le sont-ils plus aujourd’hui ? Les membres du peuple choisi n’ont pas reconnu leur Sauveur. Ils ont eu peur de lui au point de vouloir le supprimer. Les gentils au contraire, ceux qui étaient dans les ténèbres de l’ignorance, se sont déplacés à la vue d’une étoile.


Le chemin de la foi qu’il nous revient de parcourir peut ressembler soit au chemin des mages, soit à l’inattention, voire à la crainte des gens de Jérusalem. Dieu demeure Amour et Don.


Un grand voyageur, tel les mages, Antoine de Saint-Exupéry disait à sa mère : « Je crois sans espoir. » « Point n’est besoin de signe pour croire, lui répondait sa mère. Tout croyant… a ses heures de doute, d’éclipse, alors il faut marcher vers Dieu comme l’aveugle vers le feu, les paumes ouvertes, poursuivre sa recherche vers la Lumière ; l’homme porte en soi plus grand que lui, une parcelle de Dieu habite en chaque homme. » Antoine répond alors : « J’ai gardé une grande nostalgie du Dieu de mon enfance, de ce bonheur qu’il y avait à croire. Voyez-vous, j’ai l’air comme ça de ne rien sentir, je pense que je me défends simplement. Je défends l’enfant que j’étais… L’homme est long à naître » et sa mère de conclure : « Abandonne- toi au Seigneur, répète-Lui chaque jour : « Seigneur, je vais à Toi selon Ta grâce. » Ta foi n’est pas éteinte puisque tu n’as pas perdu l’essentiel : le goût de Dieu. » (Michèle Persane-Nastorg, Marie de Saint-Exupéry ou l’étoile du Petit Prince, p. 189)




Adoration des Mages. Albrecht Dürer 1504



Oui, l’homme est long à naître, surtout quand cette re-naissance doit le faire redevenir un enfant. Les objections ne manquent pas sur le chemin de la foi, nous avons tant à défendre contre Dieu, contre les hommes...

Les rois d’Orient sont venus à la crèche portant les couronnes éphémères des royaumes de la terre, ils repartent avec une couronne éternelle. Ils sont venus avec de l’or, de l’encens et de la myrrhe, et de nombreux présents, ils s’en vont avec le plus beau des cadeaux, l’Amour de Dieu touchant leur coeur et manifesté dans un enfant ; ils s’en vont dans la joie, la joie de la paix, la joie de la proximité avec Dieu.
Amen.

dimanche 25 décembre 2016

Aujourd'hui un Sauveur vous est né


Grâce au Très Révérend Père Dom Jean PATEAU
Abbé de Notre-Dame de Fontgombault



Nativité. Gerard David. 1480




Natus est vobis hodie Salvator  (Lc 2,11 )

Chers Frères et Soeurs, Mes très chers Fils,

En cette douce nuit, les regards se portent vers la crèche de Bethléem où Marie vient de déposer son saint Enfant dans une mangeoire.  En cette pauvre étable, Dieu se fait Emmanuel, « Dieu-avec-nous», Dieu pour nous. 

Depuis longtemps les patriarches, les prophètes et même le peuple d’Israël ont été les témoins de la proximité de Dieu avec les hommes. Mais cette proximité ne suffit pas au Dieu dont le nom est Amour, Miséricorde. Dans la naissance que nous fêtons cette nuit, Dieu abat toute distance, non seulement en s’incarnant, mais en s’incarnant pour abolir toute barrière et toute peur qui pourraient demeurer dans le coeur de l’homme, en s’incarnant sous les traits d’un enfant.

En contemplant le visage de Dieu dans la crèche, alors que pour cet Enfant, tout commence, il ne nous est pas interdit de penser à un autre visage, celui dont la bouche dans trente-trois ans prononcera : « Tout est accompli ». C’est le même Dieu miséricordieux qui sous les traits de l’Enfant de la crèche, ou à travers la Sainte-Face du crucifié, vient toucher le coeur de l’homme.



Visage de l'Enfant Jésus et Sainte Face de Jésus, superposés. 2009



Quelle différence entre ces deux visages ! L’Enfant conçu par l’opération du Saint-Esprit dans le sein très pur de la Vierge-Marie est, pourrions-nous dire, l’humanité de Dieu à l’état brut, à l’état pur, celle qui sort des mains de Dieu et qui nous est donnée.
Dans trente-trois ans, la main de l’homme, la trahison du péché seront passées par là. Sur l’Agneau de la crèche se seront abattues moqueries, crachats, coups, et enfin le pire des supplices : la Croix. 
La main de l’homme a défiguré celui qui vient nous transfigurer. Le Père lui-même permit cela, car c’est ainsi qu’il voulait que nous soyons rachetés : L’amour du Christ nous presse, à la pensée que, si un seul est mort pour tous, alors tous sont morts. Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. (2Co 5,14-15)
 
Cette même histoire se poursuit aujourd’hui en un monde défiguré par les guerres, les attentats, la fausseté. Alors que nous goûtons dans la paix de la sainte Étable la présence de celui qui est le Roi de paix, Rex pacificus, notre pensée s’envole vers ce Moyen-Orient écorché, à l’image de son Sauveur, par la guerre. Les conséquences de la méchanceté humaine ne se sont pas abattues uniquement sur le Christ, même si, en lui, elles ont atteint un paroxysme insurpassable. Beaucoup ont perdu famille, ami, maison, honneur… beaucoup attendent un Sauveur… Quel sauveur ?
 
Les messies ne manquent pas qui assurent venir sauver l’humanité, promettant un bonheur à bas prix… De combien de haines sont-ils auteurs, ces artisans de paix calculées, menteuses ou profiteuses. Ils ricanent et se moquent devant l’enfant de la crèche, prétendu sauveur de l’humanité ! Dans trente-trois ans, ils auront peur de lui et le cloueront sur une Croix. Illusion que de vouloir changer la face du monde en évacuant Dieu. Le drame de l’humanité ne date pas d’aujourd’hui : dès ses premiers moments, le péché a fait son oeuvre, et l’homme incapable de le surmonter a désiré un Sauveur.
 
Le problème n’est, au fond, pas tant ceux qui se présentent comme des sauveurs, que le manque de place pour accueillir celui qui est le Sauveur. 

En écoutant l’Évangile de cette nuit, on peut s’étonner que Dieu, dans la réalisation du si grand mystère de l’Incarnation, se soit en quelque sorte soumis à bien des circonstances secondaires, pénibles pour un jeune couple et un enfant : le déplacement de Nazareth à Bethléem pour le recensement, le manque de place à l’hôtellerie, la persécution d’Hérode. Hier comme aujourd’hui, le monde ne dispose pas les choses pour favoriser la naissance d’un enfant et la tranquillité de sa mère. Il n’y a pas de place pour eux. Ce monde, qui n’est pas un lieu de paix, ne peut pas, ne veut pas recevoir celui qui lui apporte la paix. Dans le silence et la solitude de la campagne, loin des hommes, auprès de pauvres bergers ignorés, le Roi de paix trouve un lieu pour être accueilli sur notre terre et y déposer sa paix. Aujourd’hui le monde, mais aussi les familles, chacun d’entre nous, a toujours besoin de cette paix. Nous ne pouvons que peu agir sur le monde. Notre coeur, notre famille sont les premiers lieux où demande à être accueilli l’Enfant de la crèche.
Allons-nous le recevoir ? Nos coeurs seront-ils pour lui une humble étable, un lieu de paix où il pourra se reposer ?

Dans quelques instants, comme chaque dimanche, parfois plus souvent, dans la communion au mystère de l’Eucharistie, l’Enfant de la crèche vient à nous. Que lui donnons-nous ? Une place, toute la place, un peu de place ou pas de place…

Le champêtre, le pittoresque d’une naissance dans une étable ne sauve pas. C’est l’accueil, le coeur à coeur avec l’Emmanuel qui ouvre la porte du Ciel. 

Le bienheureux Charles de Foucauld l’avait compris : Baiser les lieux que Vous avez sanctifiés dans votre vie mortelle, les pierres de Gethsémani et du Calvaire, le sol de la Voie Douloureuse, les flots de la mer de Galilée, c’est doux et pieux, mon Dieu, mais préférer
cela à Votre Tabernacle, c’est quitter Jésus vivant à côté de moi, Le laisser seul, et m’en aller seul, vénérer des pierres mortes où Il n’est pas. » (Écrits spirituels de Charles de Foucauld. Ermite au Sahara, Apôtre des Touaregs, p. 70, De Gigord, Paris, 1964)
 
En cette nuit de Noël, ne laissons pas seul, loin de notre vie, loin de nos familles, loin de notre pays, l’Enfant de la crèche. Rencontrons Jésus vivant. Accueillons la Paix venue du Ciel sur la terre.
Amen.

Texte : Homélie du Père Dom Jean PATEAU. Nuit de Noël 2016
Illustrations : Nativité. Gérard Davi ; Superposition de deux visages du Christ. Robert Empain. 2009 



vendredi 23 décembre 2016

Réjouis toi Marie



Grâce à toi Marie, Mère de Jésus Christ Fils de Dieu, Mère de tous les vivants.



Un opéra de Jean-Michel Mahenc 
donné à Notre Dame de Paris,   
et ici en six parties.

 Introduction de Paul Claudel. 


Joyeux Noël à tous !



Un ange, parmi ceux qui se tiennent 
devant la Gloire du Seigneur, 
fut envoyé dire à Marie  : 
" Réjouis-toi ! Il incline les cieux et descend, 
Celui qui vient demeurer en toi 
dans toute sa plénitude. 
Je le vois dans ton sein prendre chair 
à ma salutation ! " 
Avec allégresse, l'ange l'acclame :




Réjouis-toi en qui resplendit la joie du Salut
Réjouis-toi en qui s'éteint la sombre malédiction
Réjouis-toi en qui Adam est relevé de sa chute
Réjouis-toi en qui Ève est libérée de ses larmes

Réjouis-toi Montagne dont la hauteur 
dépasse la pensée des hommes
Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable 
même aux anges
Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi
Réjouis-toi tu portes en ton sein 
Celui qui porte tout
Réjouis-toi Étoile qui annonce le Lever du Soleil
Réjouis-toi tu accueilles en ta chair 
ton enfant et ton Dieu
Réjouis-toi tu es la première de la Création Nouvelle
Réjouis-toi en toi nous adorons 
l’Artisan de l’univers
Réjouis-toi Épouse inépousée !

La Toute-Sainte répondit à l'ange Gabriel 
avec confiance : 
 " Voilà une parole inattendue, qui paraît 
incompréhensible à mon âme, car tu m'annonces 
que je vais enfanter, moi qui suis vierge. 
" Alléluia, alléluia, alléluia !

Pour comprendre ce mystère 
qui dépasse toute connaissance, 
la Vierge dit au Serviteur de Dieu : 
 " Comment, dis-moi, me sera-t-il passible 
de donner naissance à un fils 
alors que je ne connais pas d'homme ? " 
Plein de respect, l'ange l'acclame :

Réjouis-toi tu nous ouvres 
au secret du Dessein de Dieu
Réjouis-toi tu nous mènes 
à la confiance dans le silence
Réjouis-toi tu es la première 
des merveilles du Christ Sauveur
Réjouis-toi tu récapitules la richesse de sa Parole
Réjouis-toi Échelle en qui Dieu 
descend sur la terre
Réjouis-toi Pont qui unit la terre au ciel
Réjouis-toi Merveille inépuisable pour les anges
Réjouis-roi Blessure inguérissable 
pour l’adversaire

Réjouis-toi ineffable Mère de la Lumière
Réjouis-toi tu as gardé en ton coeur le Mystère
Réjouis-toi en qui est dépassé 
le savoir des savants
Réjouis-toi en qui est illuminée 
la foi des croyants
Réjouis-toi Épouse inépousée !

La puissance du Très-Haut reposa 
sur l'Inépousée et comme un jardin 
au beau fruit, elle porta le Salut 
pour tous ceux qui désirent le cueillir. 
Alléluia, alléluia, alléluia !
Portant le Seigneur dans son sein, 
Marie partit en hâte chez Élisabeth. 
Lorsqu'il reconnut la salutation de Marie, 
l’enfant se réjouit aussitôt, bondissant 
d’allégresse comme pour chanter à la Mère de Dieu :

Réjouis-toi Jeune pousse au Bourgeon immortel
Réjouis-toi Jardin au Fruit qui donne Vie
Réjouis-toi en qui a germé le Seigneur notre Ami
Réjouis-toi tu as conçu le Semeur de notre vie

Réjouis-toi Champ où germe 
la Miséricorde en abondance
Réjouis-toi Table qui offre 
la Réconciliation en plénitude
Réjouis-toi tu prépares 
l'Espérance du Peuple en marche
Réjouis-toi tu fais jaillir
 la Nourriture d'Éternité

Réjouis-toi Parfum d'une offrande qui plaît à Dieu
Réjouis-toi en qui tout l'univers est réconcilié
Réjouis-toi Lieu de la bienveillance 
de Dieu pour les pécheurs
Réjouis-toi notre assurance auprès de Dieu
Réjouis-toi Épouse inépousée !


Joseph le Sage se troubla, secoué 
par une tempête de pensées contradictoires. 
Il te vit inépousée et te soupçonna 
d'un amour caché, toi l'Irréprochable. 
Mais, apprenant que ce qui avait été 
engendré en toi venait de l'Esprit-Saint, il s'écria : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Quand les bergers entendirent 
les anges chanter la venue du Christ 
en notre chair, ils ont couru contempler 
leur Pasteur reposant sur le sein 
de Marie en Agneau Immaculé. 
Ils exultèrent en chantant :

Réjouis-toi Mère de l'Agneau et du Pasteur
Réjouis-toi Maison des brebis rassemblées
Réjouis-toi Protection 
contre le loup qui disperse
Réjouis-toi en ta chair s’ouvre 
la Porte qui conduit au Père

Réjouis-toi en qui les cieux 
se réjouissent avec la terre
Réjouis-toi en qui la terre
exulte avec les cieux
Réjouis-toi tu donnes l'assurance 
à la parole des Apôtres
Réjouis-toi tu donnes la force 
au témoignage des Martyrs

Réjouis-toi inébranlable soutien de notre foi
Réjouis-toi tu sais la splendeur de la grâce
Réjouis-toi en qui l'Enfer est dépouillé
Réjouis-toi en qui nous sommes revêtus de gloire
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages ont vu l'astre 
qui conduit à Dieu. 
Marchant à sa clarté comme on saisit un flambeau, 
ils ont trouvé la Lumière véritable. 
Tout proches de Celui que personne 
n'a jamais vu, ils acclament sa Mère : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Ceux qui savent lire les signes des astres 
ont reconnu dans les bras de la Vierge 
le Créateur des hommes ; 
dans les traits de Celui qui a pris condition d'esclave 
ils ont adoré leur Maître. 
Avec empressement ils l'honorèrent de leurs présents 
en chantant à la Toute-Bénie 

Réjouis-toi Mère de l'Astre sans déclin
Réjouis-toi Reflet de la clarté de Dieu
Réjouis-toi en qui s’éteint 
la brûlure du mensonge
Réjouis-toi en qui s'illumine 
pour nous la Trinité d'Amour

Réjouis-toi en qui l'inhumaine 
puissance est défaite
Réjouis-toi tu nous montres
 le Christ Seigneur Ami des hommes
Réjouis-toi en qui les idoles 
païennes sont renversées
Réjouis-toi tu nous donnes d’être 
libérés des oeuvres mauvaises

Réjouis-toi en qui s’éteint 
l'idolâtrie du feu païen
Réjouis-toi en qui nous sommes 
affranchis du feu des passions
Réjouis-toi tu conduis les croyants 
vers le Christ Sagesse
Réjouis-toi Allégresse de toutes les générations
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages s'en retournèrent 
à Babylone en témoins, porteurs de Dieu. 
Là ils annoncèrent 
la Bonne Nouvelle et accomplirent 
les Écritures en te proclamant 
devant tous comme Messie. 
Hérode resta seul, livré à sa sottise, 
incapable d'entrer dans la louange : 
Alléluia, alléluia, alléluia !


Ô Sauveur, tu as porté en Égypte 
l'éclat de la vérité 
et tu en as chassé les ténèbres du mensonge. 
Les idoles du pays 
de l'esclavage se sont placées 
sous ta puissance et ceux que tu as 
ainsi délivrés du péché 
se tournent vers la Mère de Dieu 
pour lui chanter :

Réjouis-toi en qui l'homme est relevé
Réjouis-toi en qui les démons sont défaits 
Réjouis-toi tu foules au pied 
le maître du mensonge
Réjouis-toi tu démasques 
le piège des idoles
Réjouis-toi Mer où trouve sa perte 
le Pharaon qui se tient dans l'esclavage du péché
Réjouis-toi Rocher d'où jaillit 
la Source qui abreuve les assoiffés 
Réjouis-toi Colonne du Feu qui 
illumine notre marche dans la nuit 
Réjouis-toi Manteau aussi vaste 
que la Nuée pour ceux qui sont sans recours
Réjouis-toi tu portes le vrai Pain du ciel 
qui remplace la manne 
Réjouis-toi Servante du Festin où 
nous avons part aux réalités du ciel 
Réjouis-toi Belle terre de la foi 
où s'accomplit la Promesse
Réjouis-toi Pays ruisselant de lait et de miel
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Lorsque Siméon fut au seuil de la mort, 
Seigneur, tu lui fus présenté comme un enfant 
mais il reconnut en toi 
la perfection de la Divinité. 
Plein d'admiration pour ton Être 
qui n'a pas de fin, il chanta : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Le Créateur a fait une Oeuvre Nouvelle 
lorsqu'il se rendit visible à nos yeux. 
Il a pris chair dans le sein 
d'une vierge en la gardant 
dans son intégrité, pour qu'à la vue 
de cette merveille nous chantions :

Réjouis-toi Fleur de l'Être inaltérable de Dieu
Réjouis-toi Couronne 
de son amour virginal 
Réjouis-toi Figure qui resplendit 
de la Résurrection du Seigneur 
Réjouis-toi tu partages avec 
les anges la clarté du Royaume
Réjouis-toi Arbre dont le Fruit splendide 
nourrit les croyants
Réjouis-toi Feuillage dont l'ombre procure  
la fraîcheur aux multitudes
Réjouis-toi tu enfantes la rançon des captifs 
Réjouis-toi tu portes dans ta chair 
le Guide des égarés
Réjouis-toi notre Avocate 
auprès du Juge juste et bon
Réjouis-roi en qui arrive le pardon 
pour la multitude 
Réjouis-toi Tunique d'espérance 
pour ceux qui sont nus
Réjouis-toi Amour plus fort que tout désir
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Quand nous contemplons 
cet enfantement inhabituel 
nous devenons étrangers 
à notre monde habituel 
et notre esprit se tourne vers l
es réalités d'en haut. 
Car le Très-Haut s'est révélé  aux hommes 
dans l'abaissement pour élever 
ceux qui croient en lui. 
Alléluia, alléluia, alléluia !




Le Verbe que rien ne contient a pris chair 
dans notre condition humaine 
sans cesser d'être Dieu. 
En venant habiter le monde d'en-bas, 
il n'a pas quitté pour autant 
les réalités d'en-haut, 
mais il est descendu tout entier 
dans le sein d'une Vierge 
qu'il a habitée de sa divinité 

Réjouis-toi Temple du Dieu 
de toute immensité
Réjouis-toi Porche du Mystère 
enfoui depuis les siècles 
Réjouis-toi incroyable nouvelle 
pour les incroyants
Réjouis-toi Bonne Nouvelle 
pour les croyants
Réjouis-toi Vaisseau choisi où 
vient à nous Celui qui surpasse les Chérubins 
Réjouis-toi Demeure très sainte de 
Celui qui siège au-dessus des Séraphins 
Réjouis-toi en qui les contraires 
sont conduits vers l'Unité
Réjouis-toi en qui se joignent 
la virginité et la maternité
Réjouis-toi en qui la transgression 
reçoit le pardon
Réjouis-toi en qui le Paradis 
s'ouvre à nouveau 
Réjouis-toi Clef du Royaume du Christ
Réjouis-toi Espérance des biens éternels
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Tous les anges du ciel ont été frappés de stupeur 
devant la prodigieuse oeuvre 
de ton Incarnation, 
Seigneur, car toi le Dieu que nul 
n'a jamais vu, 
tu t'es rendu visible à tous 
et tu as demeuré parmi nous. 
Tous nous t'acclamons : 
Alléluia, alléluia, alléluia !


Devant toi, ô Mère de Dieu, 
les orateurs bavards sont muets 
comme des poissons, 
incapables de dire comment tu as pu enfanter 
et demeurer vierge. 
Remplis d'étonnement,
 nous contemplons en toi le Mystère de la Foi :

Réjouis-toi Trône de la sagesse éternelle
Réjouis-toi Écrin du dessein 
bienveillant de Dieu 
Réjouis-toi tu conduis les philosophes 
aux limites de leur sagesse 
Réjouis-toi tu mènes les savants 
aux frontières du raisonnement
Réjouis-toi devant qui les esprits subtils 
deviennent hésitants
Réjouis-toi devant qui les littérateurs 
perdent leurs mots 
Réjouis-toi devant qui se défont 
les raisonnements les plus serrés 
Réjouis-toi car tu montres Celui 
dont la Parole agit avec puissance
Réjouis-toi en qui nous sommes tirés 
de l'abîme de l'ignorance
Réjouis-toi en qui nous accédons à la plénitude 
du Mystère de Dieu
Réjouis-toi Planche de salut pour ceux  
qui aspirent à la pleine vie
Réjouis-toi Havre de paix pour ceux  
qui se débattent dans les remous de leur vie
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Dans sa volonté de sauver toute sa création, 
le Créateur de l'univers 
a choisi d'y venir lui-même. 
Pour refaire en nous son image 
à sa ressemblance divine, 
l est devenu l'Agneau, 
lui notre Dieu et notre Pasteur. 
Alléluia, alléluia, alléluia !
En toi Vierge Marie, Mère de Dieu, 
trouvent refuge ceux qui ont fait choix de virginité 
et qui se tournent vers toi. 
Car le Créateur du ciel et de la terre 
t'a façonnée, 
ô Immaculée, 
en venant demeurer dans ton sein. 
Tous, il nous apprend à t'acclamer :

Réjouis-toi Mémorial de la virginité
Réjouis-toi Porte du Salut 
Réjouis-toi premier fruit 
du Royaume Nouveau
Réjouis-toi en qui resplendit 
la merveille du don gratuit
Réjouis-toi en qui sont régénérés 
les esprits accablés
Réjouis-toi en qui sont fortifiés 
ceux que leur passé a blessé 
Réjouis-toi car tu enfantes Celui 
qui nous délivre du Séducteur
Réjouis-toi car tu nous donnes 
la Source de la chasteté
Réjouis-toi Chambre nuptiale où Dieu 
épouse notre humanité
Réjouis-toi tu confies au Dieu d'amour 
 ceux qui se donnent à lui
Réjouis-toi Nourriture du Seigneur 
pour ceux  qui ont pris le chemin de virginité
Réjouis-toi tu conduis les croyants 
à l’intimité avec l'Époux
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Toutes nos hymnes de louange sont 
impuissantes à chanter, 
Seigneur, la profusion de ta miséricorde infinie. 
Seraient-elles aussi nombreuses 
que le sable de la mer, 
jamais elles ne parviendraient 
à égaler la richesse 
du don que tu nous as fait.
Alléluia, alléluia,, alléluia !

Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau 
qui a porté la Lumière dans les ténèbres. 
Embrasée par la flamme du Verbe de Dieu 
qu'elle accueille dans sa chair, 
elle conduit tout homme à la connaissance de Dieu, 
illuminant l'intelligence de sa Splendeur. 
Joyeusement nous l'acclamons :

Réjouis-toi Aurore du Soleil levant
Réjouis-toi Flambeau qui porte la Lumière véritable 
Réjouis-toi Éclat de Celui qui illumine notre coeur
Réjouis-toi devant toi l'Ennemi est frappé de terreur
Réjouis-toi Porte de la Lumière étincelante
Réjouis-toi Source d'une Eau jaillissant en Vie éternelle 
Réjouis-toi Image vivante de la piscine du baptême
Réjouis-toi en qui nous sommes lavés de la souillure du péché
Réjouis-toi Bassin où nous est donné un esprit renouvelé
Réjouis-toi Coupe où nous puisons la Joie 
Réjouis-toi en qui nous respirons le parfum du Christ
Réjouis-toi Source intarissable d'allégresse
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Il a voulu faire grâce des anciennes 
dettes à tous les hommes. 
De lui-même il est venu habiter chez les siens, 
parmi ceux qui vivaient
 loin de sa Grâce et déchirant 
leurs billets de créance, 
il entendit de toutes les bouches 
sortir cette acclamation : 
Alléluia, alléluia, alléluia !


Nos voulons, ô Mère de Dieu, 
chanter ton enfantement, 
te louer comme le Temple vivant 
que le Seigneur a sanctifié et glorifié 
en demeurant dans ton sein, 
lui qui tient tout dans sa Main :

Réjouis-toi Tabernacle du Dieu vivant
Réjouis-toi Sanctuaire 
qui contient le Seul Saint 
Réjouis-toi Arche de la Nouvelle Alliance 
dorée par l'Esprit
Réjouis-toi Trésor inépuisable de la Vie
Réjouis-toi Diadème de grand prix 
pour les gouvernants
Réjouis-toi Gloire vénérable 
des prêtres de Dieu 
Réjouis-toi Solide Tour qui garde l’Église
Réjouis-toi Rempart 
inébranlable de la Cité
Réjouis-toi en qui surgit 
le Trophée de notre victoire
Réjouis-toi en qui sonne 
la déroute de notre Ennemi 
Réjouis-toi Guérison de mon corps
Réjouis-toi Salut de mon âme
Réjouis-toi Épouse inépousée !
Un ange, parmi ceux qui se tiennent 
devant la Gloire du Seigneur, 
fut envoyé dire à Marie  : 
" Réjouis-toi ! Il incline les cieux et descend, 
Celui qui vient demeurer en toi 
dans toute sa plénitude. 
Je le vois dans ton sein prendre chair 
à ma salutation ! " 
Avec allégresse, l'ange l'acclame :

Réjouis-toi en qui resplendit la joie du Salut
Réjouis-toi en qui s'éteint la sombre malédiction
Réjouis-toi en qui Adam est relevé de sa chute
Réjouis-toi en qui Ève est libérée de ses larmes

Réjouis-toi Montagne dont la hauteur 
dépasse la pensée des hommes
Réjouis-toi Abîme à la profondeur insondable 
même aux anges
Réjouis-toi tu deviens le Trône du Roi
Réjouis-toi tu portes en ton sein 
Celui qui porte tout
Réjouis-toi Étoile qui annonce le Lever du Soleil
Réjouis-toi tu accueilles en ta chair 
ton enfant et ton Dieu
Réjouis-toi tu es la première de la Création Nouvelle
Réjouis-toi en toi nous adorons 
l’Artisan de l’univers
Réjouis-toi Épouse inépousée !

La Toute-Sainte répondit à l'ange Gabriel 
avec confiance : 
 " Voilà une parole inattendue, qui paraît 
incompréhensible à mon âme, car tu m'annonces 
que je vais enfanter, moi qui suis vierge. 
" Alléluia, alléluia, alléluia !

Pour comprendre ce mystère 
qui dépasse toute connaissance, 
la Vierge dit au Serviteur de Dieu : 
 " Comment, dis-moi, me sera-t-il passible 
de donner naissance à un fils 
alors que je ne connais pas d'homme ? " 
Plein de respect, l'ange l'acclame :

Réjouis-toi tu nous ouvres 
au secret du Dessein de Dieu
Réjouis-toi tu nous mènes 
à la confiance dans le silence
Réjouis-toi tu es la première 
des merveilles du Christ Sauveur
Réjouis-toi tu récapitules la richesse de sa Parole
Réjouis-toi Échelle en qui Dieu 
descend sur la terre
Réjouis-toi Pont qui unit la terre au ciel
Réjouis-toi Merveille inépuisable pour les anges
Réjouis-roi Blessure inguérissable 
pour l’adversaire

Réjouis-roi ineffable Mère de la Lumière
Réjouis-toi tu as gardé en ton coeur le Mystère
Réjouis-toi en qui est dépassé 
le savoir des savants
Réjouis-toi en qui est illuminée 
la foi des croyants
Réjouis-toi Épouse inépousée !

La puissance du Très-Haut reposa 
sur l'Inépousée et comme un jardin 
au beau fruit, elle porta le Salut 
pour tous ceux qui désirent le cueillir. 
Alléluia, alléluia, alléluia !
Portant le Seigneur dans son sein, 
Marie partit en hâte chez Élisabeth. 
Lorsqu'il reconnut la salutation de Marie, 
l’enfant se réjouit aussitôt, bondissant 
d’allégresse comme pour chanter à la Mère de Dieu :

Réjouis-toi Jeune pousse au Bourgeon immortel
Réjouis-toi Jardin au Fruit qui donne Vie
Réjouis-toi en qui a germé le Seigneur notre Ami
Réjouis-toi tu as conçu le Semeur de notre vie

Réjouis-toi Champ où germe 
la Miséricorde en abondance
Réjouis-toi Table qui offre 
la Réconciliation en plénitude
Réjouis-toi tu prépares 
l'Espérance du Peuple en marche
Réjouis-toi tu fais jaillir
 la Nourriture d'Éternité

Réjouis-toi Parfum d'une offrande qui plaît à Dieu
Réjouis-toi en qui tout l'univers est réconcilié
Réjouis-toi Lieu de la bienveillance 
de Dieu pour les pécheurs
Réjouis-toi notre assurance auprès de Dieu
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Joseph le Sage se troubla, secoué 
par une tempête de pensées contradictoires. 
Il te vit inépousée et te soupçonna 
d'un amour caché, toi l'Irréprochable. 
Mais, apprenant que ce qui avait été 
engendré en toi venait de l'Esprit-Saint, il s'écria : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Quand les bergers entendirent 
les anges chanter la venue du Christ 
en notre chair, ils ont couru contempler 
leur Pasteur reposant sur le sein 
de Marie en Agneau Immaculé. 
Ils exultèrent en chantant :

Réjouis-toi Mère de l'Agneau et du Pasteur
Réjouis-toi Maison des brebis rassemblées
Réjouis-toi Protection 
contre le loup qui disperse
Réjouis-toi en ta chair s’ouvre 
la Porte qui conduit au Père

Réjouis-toi en qui les cieux 
se réjouissent avec la terre
Réjouis-toi en qui la terre
exulte avec les cieux
Réjouis-toi tu donnes l'assurance 
à la parole des Apôtres
Réjouis-toi tu donnes la force 
au témoignage des Martyrs

Réjouis-toi inébranlable soutien de notre foi
Réjouis-toi tu sais la splendeur de la grâce
Réjouis-toi en qui l'Enfer est dépouillé
Réjouis-toi en qui nous sommes revêtus de gloire
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages ont vu l'astre 
qui conduit à Dieu. 
Marchant à sa clarté comme on saisit un flambeau, 
ils ont trouvé la Lumière véritable. 
Tout proches de Celui que personne 
n'a jamais vu, ils acclament sa Mère : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Ceux qui savent lire les signes des astres 
ont reconnu dans les bras de la Vierge 
le Créateur des hommes ; 
dans les traits de Celui qui a pris condition d'esclave 
ils ont adoré leur Maître. 
Avec empressement ils l'honorèrent de leurs présents 
en chantant à la Toute-Bénie 

Réjouis-toi Mère de l'Astre sans déclin
Réjouis-toi Reflet de la clarté de Dieu
Réjouis-toi en qui s’éteint 
la brûlure du mensonge
Réjouis-toi en qui s'illumine 
pour nous la Trinité d'Amour

Réjouis-toi en qui l'inhumaine 
puissance est défaite
Réjouis-toi tu nous montres
 le Christ Seigneur Ami des hommes
Réjouis-toi en qui les idoles 
païennes sont renversées
Réjouis-toi tu nous donnes d’être 
libérés des oeuvres mauvaises

Réjouis-toi en qui s’éteint l
'idolâtrie du feu païen
Réjouis-toi en qui nous sommes 
affranchis du feu des passions
Réjouis-toi tu conduis les croyants 
vers le Christ Sagesse
Réjouis-toi Allégresse de toutes les générations
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Les Mages s'en retournèrent 
à Babylone en témoins, porteurs de Dieu. 
Là ils annoncèrent 
la Bonne Nouvelle et accomplirent 
les Écritures en te proclamant 
devant tous comme Messie. 
Hérode resta seul, livré à sa sottise, 
incapable d'entrer dans la louange : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Ô Sauveur, tu as porté en Égypte 
l'éclat de la vérité 
et tu en as chassé les ténèbres du mensonge. 
Les idoles du pays 
de l'esclavage se sont placées 
sous ta puissance et ceux que tu as 
ainsi délivrés du péché 
se tournent vers la Mère de Dieu 
pour lui chanter :

Réjouis-toi en qui l'homme est relevé
Réjouis-toi en qui les démons sont défaits 
Réjouis-toi tu foules au pied 
le maître du mensonge
Réjouis-toi tu démasques 
le piège des idoles
Réjouis-toi Mer où trouve sa perte 
le Pharaon qui se tient dans l'esclavage du péché
Réjouis-toi Rocher d'où jaillit 
la Source qui abreuve les assoiffés 
Réjouis-toi Colonne du Feu qui 
illumine notre marche dans la nuit 
Réjouis-toi Manteau aussi vaste 
que la Nuée pour ceux qui sont sans recours
Réjouis-toi tu portes le vrai Pain du ciel 
qui remplace la manne 
Réjouis-toi Servante du Festin où 
nous avons part aux réalités du ciel 
Réjouis-toi Belle terre de la foi 
où s'accomplit la Promesse
Réjouis-toi Pays ruisselant de lait et de miel
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Lorsque Siméon fut au seuil de la mort, 
Seigneur, tu lui fus présenté comme un enfant 
mais il reconnut en toi 
la perfection de la Divinité. 
Plein d'admiration pour ton Être 
qui n'a pas de fin, il chanta : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Le Créateur a fait une Oeuvre Nouvelle 
lorsqu'il se rendit visible à nos yeux. 
Il a pris chair dans le sein 
d'une vierge en la gardant 
dans son intégrité, pour qu'à la vue 
de cette merveille nous chantions :

Réjouis-toi Fleur de l'Être inaltérable de Dieu
Réjouis-toi Couronne 
de son amour virginal 
Réjouis-toi Figure qui resplendit 
de la Résurrection du Seigneur 
Réjouis-toi tu partages avec 
les anges la clarté du Royaume
Réjouis-toi Arbre dont le Fruit splendide 
nourrit les croyants
Réjouis-toi Feuillage dont l'ombre procure  
la fraîcheur aux multitudes
Réjouis-toi tu enfantes la rançon des captifs 
Réjouis-toi tu portes dans ta chair 
le Guide des égarés
Réjouis-toi notre Avocate 
auprès du Juge juste et bon
Réjouis-roi en qui arrive le pardon 
pour la multitude 
Réjouis-toi Tunique d'espérance 
pour ceux qui sont nus
Réjouis-toi Amour plus fort que tout désir
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Quand nous contemplons 
cet enfantement inhabituel 
nous devenons étrangers 
à notre monde habituel 
et notre esprit se tourne vers l
es réalités d'en haut. 
Car le Très-Haut s'est révélé  aux hommes 
dans l'abaissement pour élever 
ceux qui croient en lui. 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Le Verbe que rien ne contient a pris chair 
dans notre condition humaine 
sans cesser d'être Dieu. 
En venant habiter le monde d'en-bas, 
il n'a pas quitté pour autant 
les réalités d'en-haut, 
mais il est descendu tout entier 
dans le sein d'une Vierge 
qu'il a habitée de sa divinité 

Réjouis-toi Temple du Dieu 
de toute immensité
Réjouis-toi Porche du Mystère 
enfoui depuis les siècles 
Réjouis-toi incroyable nouvelle 
pour les incroyants
Réjouis-toi Bonne Nouvelle 
pour les croyants
Réjouis-toi Vaisseau choisi où 
vient à nous Celui qui surpasse les Chérubins 
Réjouis-toi Demeure très sainte de 
Celui qui siège au-dessus des Séraphins 
Réjouis-toi en qui les contraires 
sont conduits vers l'Unité
Réjouis-toi en qui se joignent 
la virginité et la maternité
Réjouis-toi en qui la transgression 
reçoit le pardon
Réjouis-toi en qui le Paradis 
s'ouvre à nouveau 
Réjouis-toi Clef du Royaume du Christ
Réjouis-toi Espérance des biens éternels
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Tous les anges du ciel ont été frappés de stupeur 
devant la prodigieuse oeuvre 
de ton Incarnation, 
Seigneur, car toi le Dieu que nul 
n'a jamais vu, 
tu t'es rendu visible à tous 
et tu as demeuré parmi nous. 
Tous nous t'acclamons : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Devant toi, ô Mère de Dieu, 
les orateurs bavards sont muets 
comme des poissons, 
incapables de dire comment tu as pu enfanter 
et demeurer vierge. 
Remplis d'étonnement,
 nous contemplons en toi le Mystère de la Foi :

Réjouis-toi Trône de la sagesse éternelle
Réjouis-toi Écrin du dessein 
bienveillant de Dieu 
Réjouis-toi tu conduis les philosophes 
aux limites de leur sagesse 
Réjouis-toi tu mènes les savants 
aux frontières du raisonnement
Réjouis-toi devant qui les esprits subtils 
deviennent hésitants
Réjouis-toi devant qui les littérateurs 
perdent leurs mots 
Réjouis-toi devant qui se défont 
les raisonnements les plus serrés 
Réjouis-toi car tu montres Celui 
dont la Parole agit avec puissance
Réjouis-toi en qui nous sommes tirés 
de l'abîme de l'ignorance
Réjouis-toi en qui nous accédons à la plénitude 
du Mystère de Dieu
Réjouis-toi Planche de salut pour ceux  
qui aspirent à la pleine vie
Réjouis-toi Havre de paix pour ceux  
qui se débattent dans les remous de leur vie
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Dans sa volonté de sauver toute sa création, 
le Créateur de l'univers 
a choisi d'y venir lui-même. 
Pour refaire en nous son image 
à sa ressemblance divine, 
l est devenu l'Agneau, 
lui notre Dieu et notre Pasteur. 
Alléluia, alléluia, alléluia !
En toi Vierge Marie, Mère de Dieu, 
trouvent refuge ceux qui ont fait choix de virginité 
et qui se tournent vers toi. 
Car le Créateur du ciel et de la terre 
t'a façonnée, 
ô Immaculée, 
en venant demeurer dans ton sein. 
Tous, il nous apprend à t'acclamer :

Réjouis-toi Mémorial de la virginité
Réjouis-toi Porte du Salut 
Réjouis-toi premier fruit 
du Royaume Nouveau
Réjouis-toi en qui resplendit 
la merveille du don gratuit
Réjouis-toi en qui sont régénérés 
les esprits accablés
Réjouis-toi en qui sont fortifiés 
ceux que leur passé a blessé 
Réjouis-toi car tu enfantes Celui 
qui nous délivre du Séducteur
Réjouis-toi car tu nous donnes 
la Source de la chasteté
Réjouis-toi Chambre nuptiale où Dieu 
épouse notre humanité
Réjouis-toi tu confies au Dieu d'amour 
 ceux qui se donnent à lui
Réjouis-toi Nourriture du Seigneur 
pour ceux  qui ont pris le chemin de virginité
Réjouis-toi tu conduis les croyants 
à l’intimité avec l'Époux
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Toutes nos hymnes de louange sont 
impuissantes à chanter, 
Seigneur, la profusion de ta miséricorde infinie. 
Seraient-elles aussi nombreuses 
que le sable de la mer, 
jamais elles ne parviendraient 
à égaler la richesse 
du don que tu nous as fait.
Alléluia, alléluia,, alléluia !

Nous contemplons dans la Vierge sainte le flambeau 
qui a porté la Lumière dans les ténèbres. 
Embrasée par la flamme du Verbe de Dieu 
qu'elle accueille dans sa chair, 
elle conduit tout homme à la connaissance de Dieu, 
illuminant l'intelligence de sa Splendeur. 
Joyeusement nous l'acclamons :

Réjouis-toi Aurore du Soleil levant
Réjouis-toi Flambeau qui porte la Lumière véritable 
Réjouis-toi Éclat de Celui qui illumine notre coeur
Réjouis-toi devant toi l'Ennemi est frappé de terreur
Réjouis-toi Porte de la Lumière étincelante
Réjouis-toi Source d'une Eau jaillissant en Vie éternelle 
Réjouis-toi Image vivante de la piscine du baptême
Réjouis-toi en qui nous sommes lavés de la souillure du péché
Réjouis-toi Bassin où nous est donné un esprit renouvelé
Réjouis-toi Coupe où nous puisons la Joie 
Réjouis-toi en qui nous respirons le parfum du Christ
Réjouis-toi Source intarissable d'allégresse
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Il a voulu faire grâce des anciennes 
dettes à tous les hommes. 
De lui-même il est venu habiter chez les siens, 
parmi ceux qui vivaient
 loin de sa Grâce et déchirant 
leurs billets de créance, 
il entendit de toutes les bouches 
sortir cette acclamation : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Nos voulons, ô Mère de Dieu, 
chanter ton enfantement, 
te louer comme le Temple vivant 
que le Seigneur a sanctifié et glorifié 
en demeurant dans ton sein, 
lui qui tient tout dans sa Main :

Réjouis-toi Tabernacle du Dieu vivant
Réjouis-toi Sanctuaire 
qui contient le Seul Saint 
Réjouis-toi Arche de la Nouvelle Alliance 
dorée par l'Esprit
Réjouis-toi Trésor inépuisable de la Vie
Réjouis-toi Diadème de grand prix 
pour les gouvernants
Réjouis-toi Gloire vénérable 
des prêtres de Dieu 
Réjouis-toi Solide Tour qui garde l’Église
Réjouis-toi Rempart 
inébranlable de la Cité
Réjouis-toi en qui surgit 
le Trophée de notre victoire
Réjouis-toi en qui sonne 
la déroute de notre Ennemi 
Réjouis-toi Guérison de mon corps
Réjouis-toi Salut de mon âme
Réjouis-toi Épouse inépousée !

Ô Mère bénie entre toutes, 
toi qui as enfanté le Verbe de Dieu, 
le Seul Saint, reçois l'offrande de notre prière. 
Garde-nous de tout malheur et de toute menace, 
nous qui te chantons d'un même cœur : 
Alléluia, alléluia, alléluia !

Ô Mère bénie entre toutes, 
toi qui as enfanté le Verbe de Dieu, 
le Seul Saint, reçois l'offrande de notre prière. 
Garde-nous de tout malheur et de toute menace, 
nous qui te chantons d'un même cœur : 

Alléluia, alléluia, alléluia !